Les nouveaux remèdes naturels - livre de Jean-Marie Pelt avis et commentaires

En résumé

Il y a des années, j'ai lu et beaucoup apprécié "Les langages secrets de la nature" de Jean-Marie Pelt. C'est donc avec enthousiasme que je me suis mise à la lecture de ce livre sur les remèdes naturels. Je vous le conseille pour quelques infos intéressantes sur certaines plantes et utilisations particulières... mais pas plus...

J’ai aimé

Un livre bien écrit qui montre à nouveau combien l'homme est lié à la nature et aux plantes, notamment pour le traitement des maladies. Jean-Maire Pelt est certainement l'un des premiers et des plus grands auteurs à faire découvrir cette thématique au grand public et à donc aussi sensibiliser à l'importance de la sauvegarde de la nature qui nous entoure.

J’ai moins aimé

Ce livre datant de 2003, il est déjà un peu dépassé. Heureusement pour nous, la science a fait d'énormes progrès dans les études et la connaissance des plantes. Les informations sont donc intéressantes, mais peu à jour. Même si la démarche et les messages globaux restent complètement d'actualité !

Extraits

Partout dans le monde la recherche de nouvelles plantes actives bat son plein. Chaque année, des milliers d'entre elles subissent par exemple des tests systématiques afin de tenter de mettre en évidence chez elles des propriétés anticancéreuses ou antisida. Ces tests sont notamment effectués aux États-Unis dans le cadre du National Cancer Institute. Pas moins de 36 000 extraits ont ainsi été testés, parmi lesquels cent vingt-trois espèces ont manifesté in vitro une certaine activité sur le VIH. Sur ces dernières, deux ont fourni des molécules actives, actuellement en phase d'évaluation clinique, ultime étape avant la mise sur le marché d'un nouveau médicament. L'une d'elles, la michellamine-B, provient des feuilles d'une liane camerounaise. D'autres, les calanolides, sont isolées à partir d'un arbre originaire de Malaisie. Qui eût jamais songé que cet arbre extrêmement répandu en lisière des plages tropicales, et qui avait déjà fourni à la cosmétologie une huile appréciée, s'inscrirait un jour au « top niveau » de la recherche contre le sida ?

D'autres espèces repérées pour leurs propriétés antivirales font également l'objet de recherches intenses, quoique moins avancées. Rappelons néanmoins que l' AZT, premier médicament du sida, aujourd'hui obtenu par synthèse, fut initialement fabriqué à partir du sperme de hareng...

Par ces exemples empruntés à la thérapeutique d'une maladie grave et récente, on voit le poids important que représentent les substances naturelles dans les stratégies thérapeutiques en cours d'évaluation.

Pour le cancer, des scénarios analogues sont déployés ; mais, ayant débuté beaucoup plus tôt, les recherches ont d'ores et déjà abouti à la diffusion de plusieurs médicaments importants. Ainsi la nature est-elle sollicitée, et ce, depuis la nuit des temps, pour fournir à l'homme des armes thérapeutiques que les progrès de la recherche rendent de plus en plus sophistiquées.

La première moitié du xxe siècle fut largement consacrée à la mise au point de médicaments de synthèse. L'on pensait alors que ceux-ci finiraient par remplacer peu à peu toutes les vieilles préparations à base de plantes qui, dans leurs flacons ou leurs bocaux, faisaient le charme des officines d'autrefois. Mais la découverte de la réserpine au début des années 50 allait infléchir ce scénario. Cette molécule issue d'un arbrisseau de l'Inde (Rauwolfia serpentina) révéla des propriétés « tranquillisantes », selon le terme inventé par F. Youkman et qui désigne aujourd'hui la vaste série des benzodiazépines. Elles justifiaient l'usage courant des racines de cette plante que Gandhi, dit-on, consommait chaque soir sous forme d'infusion. On s'interrogea alors sur les trésors que devaient recéler les pratiques traditionnelles des divers continents qui, en matière thérapeutique, avaient largement recours aux plantes. On entreprit donc de les explorer.

Mais, le « progrès » pénétrant partout, y compris dans les milieux et les ethnies les plus isolés, le savoir des chamans, des tradipraticiens et autres guérisseurs est de moins en moins transmis aux jeunes générations « branchées » sur leurs transistors jusqu'au fin fond des jungles les plus reculées. Et l'étrange phénomène qui, par une révolution dont on n'a sans doute pas encore mesuré toutes les conséquences, fait des enfants de ce siècle les formateurs de leurs parents, et non plus l'inverse, s'étend désormais à l'ensemble de la planète. De sorte que « ceux qui savent » disparaissent sans transmettre leur savoir à leurs descendants. Des pans entiers de la connaissance basculent ou risquent ainsi de disparaître dans l'oubli et l'on conçoit d'autant plus la validité d'une jeune discipline, l'ethnopharmacologie, qui s'emploie à sauvegarder ces savoirs ancestraux. Par là sont aujourd'hui repérées, répertoriées et consignées partout dans le monde des plantes réputées actives et dont il appartient à la science moderne de préciser les propriétés et les usages – une tâche à laquelle s'emploient d'innombrables laboratoires publics ou privés.

Autant de questions qui font aujourd'hui l'actualité du médicament. À une bonne part d'entre elles, en tout cas, les réponses nous viendront de la nature.
Il est difficile d'évaluer avec précision la part des médicaments d'origine naturelle dans la thérapeutique mondiale. Celle-ci est estimée à 40 ou 50 % des médicaments mis sur le marché. Parmi ceux-ci, les deux tiers proviennent de plantes, 5 à 10 % d'animaux, 20 à 25 % de micro-organismes. Si l'on y ajoute les molécules directement inspirées de modèles naturels mais légèrement modifiées par synthèse, le chiffre global des remèdes naturels ou directement inspirés de la nature s'élèverait à environ 60 % de l'ensemble des médicaments actuellement utilisés.
Comme on le voit, la nature n'a vraiment pas dit son dernier mot !